Les Balcons de l’Aigoual, voie de découverte et parcours Land Art

Du 24 juin au 31 octobre 2018

Depuis bientôt 10 ans, la Filature du Mazel, fabrique artistique dans la haute vallée de l’Hérault, met en place des projets culturels de territoires soutenus par la Communauté des Communes Causses Aigoual Cévennes Terres Solidaires.
Une fiche technique a été proposée par le Parc national des Cévennes aux artistes afin qu’ils créent des œuvres d’art respectueuses de l’environnement et de la réglementation en vigueur en zone « cœur de parc ».
Ce projet s’inscrit dans la mise en place du «Pôle nature 4 saisons » qui veut faire de ce site un lieu ou il fait bon s’arrêter tout au long de l’année.
Le parcours Land Art réalisé par la Filature du Mazel est accompagné par Paula Anke pour la direction artistique et eDline pour l’expertise artistique et technique, deux artistes d’une collaboration indispensable.

  • 7 projets d’artistes ont été sélectionnés parmi les 55 dossiers reçus.
  • 2 œuvres à l’échelle du paysage par Fiona Paterson et Donald Buglass en binôme et Yoann Crépin.
  • 5 œuvres à taille humaine par Guth Joly, le Collectif des Articulteurs, Fabrice Pressigout, Xavier Rèche et Marie–Hélène Richard.

Les balcons de l’Aigoual en video

Les Balcons de l’Aigoual en images

Les œuvres en détail

1. L’Orée / Yoann Crépin

C’est en traversant la voûte qu’on entre sur la voie. Cette œuvre est réalisée entièrement à partir de bois mort. Elle se veut bienveillante et réconfortante à l’égard de ses hôtes comme un oiseau construirait son nid. Cette structure qui ouvre sur le paysage invite à l’habiter et à le vivre pleinement.
Yoann Crépin est à la recherche d’une alliance entre deux créativités : humaine et naturelle. « Laisser l’homme s’exprimer à travers la nature et réciproquement laisser la nature s’exprimer à travers l’homme ». Les réalisations évoluent dans le temps, elles s’inscrivent dans le paysage. Ses œuvres sont confectionnées à partir des éléments naturels caractéristiques des lieux, elles tendent à fusionner et à interagir avec l‘environnement.
Des parties d’entre elles sont éphémères, et c’est la photographie et la vidéo qui témoignent de leurs existences et qui donnent une seconde vie à l’ouvrage. La  photographie révèle l’œuvre à son zénith : lorsque l’osmose entre l’œuvre et son environnement est la plus significative. Né en 1983, Yoann Crépin vit à Saint-Rémy de Provence. Il est artiste autodidacte, après des études en ébénisterie et gestion des eaux et forêts. Inspiré par le Land Art il réalise des œuvres dans la nature depuis 2005 et il participe à des événements artistiques régionaux et nationaux. Beaux-Arts Magazine publie un article en juillet 2014 et une page en juillet 2016. «La Porte de la Pluie» est une installation permanente à la Maison du Parc naturel régional des Alpilles.

2. Bassin versant / Xavier Rèche

Cette œuvre, par son implantation et son nom, évoque la ligne de partage des eaux Atlantique/Méditerranée toute proche. Une « embarcation », réduite à la structure de sa charpente en suspens, s’incline dans la direction des eaux de ruissellement. Elle souligne dans le paysage local les traces des premières ramifications d’un immense réseau hydrographique et suscite l’image d’un monde méditerranéen et maritime au-delà de l’horizon visible.
Xavier Rèche vit et travaille à Bordeaux et dans le Tarn-et-Garonne, il enseigne et réalise des œuvres de grandes dimensions.
Sa démarche procède d’une « exploration des alentours »: observer les propriétés d’un paysage, composer avec l’imaginaire du lieu et ses perspectives narratives, par des installations ponctuelles d’œuvres souvent éphémères. Dans une série de propositions récentes, il réalise des constructions auto-tendantes. Celles-ci consistent en l’équilibre de forces de tension et de compression dans des structures composées.
Ces œuvres légères et souples dont les mouvements semblent figés dans l’instant d’une implosion ou d’une dispersion, renouvellent sa pratique de la sculpture ainsi que sa sensibilité vis-à-vis des paysages qui en sont les terrains d’exploration.

3. Tout là-haut / Guth Joly

Tout là-haut… pour toucher les nuages, se sentir oiseau…Ces échelles sont des œuvres, elles sont là pour supporter vos pensées et vos rêves, pas votre poids, même si vous êtes un enfant léger.
Le travail de Guth Joly s’enracine dans la difficulté de dire, elle est obsédée par l’inaperçu, qui n’est pas dans notre champ visuel, ce que nos sens ont du mal à percevoir. Ce sont ces petits riens, ces brindilles, ces arbres disparus, ces petites gens sans importance, c’est l’inaudible, le difficile à saisir.
Ses œuvres se construisent à partir de ces imperfections. Elle crée avec des matériaux glanés, des bricoles en bois, de l’éphémère.
L’artiste interroge les différentes dimensions de la réalité. Elle scrute avec acharnement ce qui s’échappe et ce qu’elle arrache à l’invisible pour l’offrir au spectateur.
Guth Joly a étudié aux arts décoratifs de Limoges. Elle a publié des livres, réalisé des documentaires, des installations et des peintures. De plus en plus, ses créations s’installent dehors. Le temps continue son œuvre. Elle ne cherche pas la destruction mais la transformation. Ses installations invitent à regarder autour, à prendre conscience du sol, de l’arbre et de notre place au milieu d’eux.

4. Le Sentier des Arbres liés / Collectif Les Articulteurs: Thomas Martin, Yoann Culieras, Arnaud Dubol Lefranc, Marie Keraudren

Ce sentier offre, tout au long du parcours, de magnifiques exemples d’anastomoses* naturelles, en ses troncs, ses branches et ses racines.
Le mont Aigoual dans son histoire est un lieu où l’arbre a pris une signification particulière, lors de l’histoire de son reboisement par Georges Fabre et son ami Charles Flahaut.
Le jeune collectif des Articulteurs met en scène le phénomène naturel de l’Anastomose.
Ils souhaitent par leur proposition, s’inscrire dans cette même logique, en apprivoisant, et en accompagnant, un processus biologique (lent), déjà présent en ce lieu, afin de sanctuariser l’arbre en tant que sculpture vivante et évolutive.
Le collectif rêve de l’Articulture en tant que courant artistique durable de Land Art et comme acte politique, social et spatial… À des structures vivantes retissant le lien social et écologique.

* anastomose : fusion physique et fonctionnelle des organes de deux végétaux.

5. Assise / Marie-Hélène Richard

Un banc de bois et de branches dont le dossier s’affine et s’élève vers le ciel comme pour redevenir arbre, s’asseoir et admirer une vue choisie par l’artiste. Le
paysage est sublime. La pause est aussi bien physique que mentale.
Les chemins ouvrent loin des villes la voie à un autre rythme, à une autre vision de la vie où les pierres, les arbres et les ciels omniprésents font partie de l’expérience physique du face à face avec la nature.

Marie-Hélène Richard intervient dans le paysage avec un travail in situ.
Diplômée des Beaux-Arts de Paris en 1989, sa démarche est inspirée du Land Art de Nils Udo, de l’Arte Povera de Guiseppe Penone, et du minimalisme de
François Morellet.
Elle va laisser le travail d’assemblage en atelier pour des grandes installations éphémères empreintes de légèreté et de poésie. Utilisant une grande variété de
matériaux, les œuvres de Marie-Hélène Richard sont identifiables à la confrontation douce de l’artificialité et du naturel. Leur mise en espace joue avec l’apesanteur, semble arrêter le temps pour environner le spectateur.
Deux paramètres initient chacune de ces recherches artistiques : le lieu qui crée un contexte, et le temps avec la notion de durée de l’œuvre, qu’elle soit brève ou longue. L’artiste installe entre le site et l’œuvre un dialogue suscité par l’environnement, un usage, l’Histoire ou un élément de l’architecture remarqué au moment du repérage, et c’est toujours l’idée d’espace que l’on retrouve.
Elle a réalisé de nombreuses œuvres en France et à l’étranger, en Italie, Suisse, Pologne, Tchéquie, Allemagne, Andorre et
au Japon. Récemment, l’artiste a participé aux expositions « Grandeur » à La Haye (Pays-Bas) dédiée à la sculpture monumentale
française, « À l’ombre d’Eros », au monastère royal de Brou et à « In Situ, Patrimoine et Art contemporain » en
investissant l’Hôtel Flottes de Sébasan à Pézenas. En 2017, « Rêver l’Erdre » pour la Ville de Nantes.
Voir le timelapse de la réalisation de l’oeuvre en video

6. Couchés dans l’herbe / Fabrice PRESSIGOUT

Huit personnages de taille humaine.
De loin, un amas de bois et de pierres, plus proche, on dirait des humains allongés, le regard tourné vers le ciel. Tout près, ce sont bien des bouts de bois et des pierres qui forment cette famille immobile. L’installation invite à s’allonger dans l’herbe, à observer les nuages, les insectes, à prendre le temps de ne faire qu’un avec la nature et à s’adonner à la « paréidolie » (voir des formes humaines ou animales dans des objets animés les nuages… ou statiques arbres, rochers…).
Après des études aux Beaux-Arts d’Angoulême et de Caen, Fabrice Pressigout s’oriente vers la décoration et la scénographie d’exposition, puis le cinéma et le théâtre. Depuis une vingtaine d’années, il expose ses sculptures et des installations Land Art.
Le détournement d’objets s’impose systématiquement dans le travail de Fabrice Pressigout, que ce soit des objets naturels ou manufacturés. Il leur donne un sens nouveau et décalé mais sans faire disparaître complètement leur fonction originelle. L’artiste cherche souvent à faciliter l’approche de l’œuvre par l’humour. Le spectateur est invité à s’interroger sur ce qui se cache derrière les évidences, sur les illusions, la société de consommation et son rythme effréné, sur l’intérêt de prendre du temps pour apprécier ce qui nous entoure, s’émerveiller de petits riens, prendre conscience des forces néfastes face à la fragilité de notre planète.
L’artiste appelle la nature « son magasin et son stock inépuisable » qui lui réserve depuis toujours des trésors qu’il emprunte et qu’il partage à son tour.

7. Tempus Fugit / Fiona Paterson & Donald Buglass

L’installation est inspirée de cette citation de Louis Joseph Mabire. « Le temps fuit ; la conscience crie;
la mort menace ; le ciel sollicite ; l’enfer gronde ; et l’homme dort ».
Cette œuvre parle à la fois de la courte vie sur Terre et du temps qui s’écoule pour la planète. Les saisons passent
et nous continuons à détruire et à polluer la Terre.
« Combien de temps avant que tout soit perdu et qu’il soit trop tard pour réparer ? »
Fiona Paterson a toujours été fascinée par des textures, les effets des éléments et du temps qui passe sur le bois ou les objets métalliques. De son enfance au Zimbabwe, où le recyclage fait partie intégrante du mode de vie, elle a gardé une implication forte dans cette démarche — en faisant un acte évident et instinctif — , ceci se reflète dans son travail, par sa sensibilité à la nature, aux matériaux naturels et aux paysages.
Donald Buglass est à la recherche de nouveaux défis. Cette inspiration fait partie intégrante de sa démarche qui se veut unique et ses créations ne font que peu référence à des précédents dans l’histoire de l’Art.
Fiona Paterson est née et a grandi au Zimbabwe. Formée comme graphiste, elle a travaillé dans la publicité et le  design au Zimbabwe et à Londres. Depuis 2003, elle réside en France et se consacre à la peinture et la sculpture. Elle a exposé et travaillé en Europe, en Afrique et en Asie. Plus récemment, son évolution l’a conduite vers le Land Art et l’utilisation de matériaux naturels.
Donald Buglass est un artiste multidisciplinaire originaire de la Nouvelle-Zélande, qui se partage entre la Nouvelle-Zélande et l’Europe. Son travail est spécifique au site, et souvent complètement différent dans le choix des matériaux, du contenu et l’approche du travail précédent. Il a participé à de nombreuses biennales, symposiums, festivals et expositions en Europe, en Asie et en Australasie. En 2017 il participe au Global Nomadic Art Project France 2017.

Partenaires

Le Météosite
Le Parc national des Cévennes
L’Office national des forêts
Le pôle Nature 4 saisons
L’Office de tourisme Mont Aigoual Causses Cévennes
La Filature du Mazel

Le projet Les Balcons de l’Aigoual

Plan des Balcons de l'Aigoual

Plan des Balcons de l’Aigoual

L’Aigoual et le sommet de l’observatoire forment un symbole de l’interaction de l’homme avec la nature.
Ici, des artistes mettent en scène la rencontre entre le public et les phénomènes climatiques et naturels du lieu. Le Land Art met l’artiste face à des conditions climatiques difficiles lors de la réalisation. Les œuvres évolueront donc, forcément, dans le temps.
L’art qui s’insère dans la nature se comprend en opposition avec l’art du marché et institutionnel. Cette discipline revient à une source essentielle de la création artistique: l’observation et l’inspiration par la nature. Ce parcours permet de traverser des ambiances et des lieux différents. Les installations Land Art ponctuent le cheminement ainsi que des haltes aménagées. Dans le sens de la montée, l’itinéraire est accompagné par une ouverture progressive du paysage, jusqu’au panorama exceptionnel du sommet. Aujourd’hui, nous ajoutons aux défis qu’impose l’Aigoual une dimension artistique. Bonne balade, prenez le temps et laissez-vous imprégner par la nature et ce qu’elle inspire aux artistes.

Infos pratiques Balcons de l’Aigoual

Comment y accéder

  • Garez-vous sur le parking de la Station de Prat Peyrot lien de géolocalisation
  • Accédez à la première oeuvre : un panneau bleu (comme l’affiche) indique le lieu qui se trouve dans le virage en amont du parking lien précis de géolocalisation pour la 1ère oeuvre
  • Poursuivez sur 150m et revenez sur la route pour suivre la voie de découverte D269
  • Les œuvres ponctuent le parcours de 5km en pente douce. La voie de découverte est accessible en vélo, poussette, trottinette, …

Compter 2h à 2h30 en prenant le temps.

Téléchargez l’itinéraire sur votre smartphone

Plus d’infos à propos du parcours Land Art

Téléchargez le parcours détaillé (brochure PDF)
Consultez la description complète du projet sur le site de la Filature du Mazel

Revue de presse en ligne à propos des Balcons de l’Aigoual

Sur le Blog de Stéphane CERRI (journaliste, responsable de la page Loisirs des éditions gardoises de Midi Libre)

Emission sur France Bleu (à écouter), 2mn

Photos noir et blanc de Felix BROEDE

Les Balcons de l’Aigoual figure parmi les Parcours d’art contemporain dans l’espace public été 2018, site du Ministère de la culture: à lire

Et aussi

Animations Land art

Par l’atelier des Monts Brumeux